Être juriste en STAPS

Par Frédérique Roux, Katja Sontag
Français

Le droit a pris une place croissante dans le domaine sportif, surtout depuis les Trente Glorieuses. Ce phénomène est dû à l’intervention accrue de l’État et à la juridicisation des relations sociales. Des centres de recherche en droit du sport ont été créés (Nice, Limoges, Dijon, Aix-Marseille), témoignant de cette évolution. Sur le volet de l’enseignement, depuis les années 2000, les UFR STAPS proposent des enseignements juridiques dans les formations en management du sport, mais aussi dans les autres filières. Ces cours sont principalement dispensés par des avocats, du fait du déficit des enseignants-chercheurs recrutés sur un profil juridique. Le juriste en STAPS ne doit pas se contenter d’une approche positiviste rigide. Il lui faut adopter un positionnement épistémologiquement ouvert, adapté au contexte pluridisciplinaire des STAPS. D’abord, en matière de recherche, il doit croiser le droit avec les autres sciences sociales (sociologie, histoire, géographie, etc.), en adoptant une méthodologie contextualisée et souple, pour élaborer un langage commun et enrichir les analyses. Ensuite, dans l’enseignement, le droit doit être mis en perspective pour le rendre accessible et pertinent aux étudiants en STAPS. Il doit apparaître comme un outil au service de l’action sportive, non comme l’exposé d’un simple corpus normatif. Être juriste en STAPS suppose donc d’adopter une posture pluridisciplinaire, critique et contextualisée, pour articuler efficacement droit, sport et autres sciences sociales. Autrement dit, le juriste doit se positionner comme médiateur entre les normes juridiques et les réalités du terrain sportif.

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