Nommer pour légitimer : mutations identitaires et dynamiques institutionnelles dans l’histoire de la fédération française de patinage à roulettes (1910-1952)

Par Alexandre Chartier
Français

Cet article analyse les dynamiques de dénomination de la Fédération française de patinage à roulettes entre 1910, date de sa fondation, et 1952 où une plus grande stabilité s’est installée. Adoptant une approche socio-historique (Noiriel, 2008) et mobilisant les théories du pouvoir, de la domination et de la légitimité (Bourdieu, 1991 ; Chazel, 1983), il met en évidence comment les changements successifs d’intitulé ont constitué des instruments symboliques de pouvoir, de négociation identitaire et de positionnement stratégique. Depuis sa création, la fédération a connu plus d’une douzaine de dénominations différentes, une instabilité rare dans le paysage sportif français. Ces évolutions traduisent les luttes entre amateurs et professionnels, les rivalités interdisciplinaires (course, rink hockey, artistique), ainsi que les tensions entre clubs parisiens et provinciaux. Elles révèlent également l’attraction et la résistance vis-à-vis de la terminologie anglophone, qui culmine avec l’adoption du terme roller-skating en 1952. Ce travail s’appuie sur l’étude des archives de presse et des documents fédéraux disponibles. En l’absence d’archives internes avant 1926, la presse permet d’éclairer les conflits institutionnels et les valeurs culturelles en concurrence. Quatre moteurs principaux de renommage sont identifiés : l’affirmation de valeurs distinctives, l’hégémonie disciplinaire, la conformité institutionnelle et les stratégies symboliques de reconnaissance. La dénomination apparaît ainsi comme un enjeu central de luttes de pouvoir, structurant l’identité et la légitimité fédérales au fil du temps.

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