Construire et déconstruire l’unité nationale par le football dans la société plurale : le cas du Cameroun

Par Alain-Patrick Loumou Mondoleba
Français

Au Cameroun, l’État, héritage colonial, a précédé la nation. La balkanisation issue de cet arbitraire historique en a fait une réalité plurielle, structurée autour d’une multitude de communautés aux réalités socioculturelles diverses et parfois dissonantes. Cette réflexion tente de montrer que le football constitue un révélateur des dynamiques contradictoires qui traversent la société plurale camerounaise. Elle est attentive à la manière dont le football civilise et décivilise, unit et divise, construit et déconstruit l’unité nationale. Son effet intégrateur se manifeste lorsqu’il est mobilisé comme ressource de politique publique orientée vers la cohésion sociale et lorsque les capitaux symboliques, matériels et relationnels qu’il génère sont réinvestis par les acteurs sportifs dans des pratiques de solidarité et de redistribution sociale susceptibles de renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté politique nationale. Toutefois, il ravive les passions et les tensions autour de son mode de gestion et de ses résultats, dont les répercussions sur la société camerounaise plurale se font ressentir. La méthodologie employée, sous le prisme de l’interactionnisme, combine observation du secteur footballistique depuis 2010, analyse des discours circulant dans les réseaux sociaux numériques, lieux privilégiés d’expression des représentations et des tensions sociales liées au football et exploitation de données secondaires.

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