Dresser le cheval, redresser l’Homme et gouverner l’univers

Par Nicolas Voisin, Lisa Mucciarelli, Yann Descamps, Christian Vivier
Français

Certainement peinte par Jacques Philippe Joseph de Saint-Quentin en 1775, L’entrée des Tuileries vue de la place Louis XV met en scène différentes classes de populations interagissant avec des équidés au sein d’un aménagement royal, tout juste achevé, situé à mi-chemin entre ville et campagne. Pour comprendre ce tableau qui ouvre une fenêtre d’interprétation sur les pratiques hippologiques et leurs représentations à l’Âge classique, ce travail situé à l’intersection de l’histoire culturelle du sport et des pratiques équestres, de l’histoire de l’art et de l’épistémologie s’appuie sur une analyse plastique et iconique de l’œuvre et mobilise l’archéologie foucaldienne. Ainsi, cette étude propose de questionner dans quelle mesure l’œuvre constitue une représentation hétérotopique des manières d’utiliser les équidés ? Ces dernières apparaissent en effet comme autant de fenêtres sociales et politiques théâtralisées et juxtaposées au cœur d’un lieu symbolique de démonstration du dressage des corps équins et de gouvernementalité des corps humains. Il s’agit alors d’interroger la façon dont un artiste-peintre de l’Âge classique met l’ordre – social, civilisationnel et politique – du monde en visibilités.

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